Medeya : Pouvez-vous présenter l'artiste photographe que vous êtes en quelques mots ?
Eljo : Installé à Mauzevin depuis 2 ans, natif de la région condomoise dans le Gers, je continue mon chemin dans ce village où j'ai choisir de vivre. J'aime cette vie rurale, entourée de champs de tournesol, de cette qualité de silences, de cette lumière qui m'emporte vers des destins créatifs ! Né en 1974 à Condom dans le Gers, de parents ouvriers, qui souhaitaient que je choisisse "un vrai métier" ; alors j'ai fait école hôtelière à Auch.
En 1991, j'ai suivi une formation à l'école technique de photographie et de l'audiovisuel 'ETPA) à Toulouse.
De caractère : passionné, hyperactif, obstiné, sauvage, perfectionniste et très baroudeur...
Medeya : Quel a été le parcours professionnel et artistique qui vous a forgé en tant qu'artiste auteur-photographe ?
Eljo : J'ai axé ma carrière vers la photo, notamment sur le sport : photo de basket, rugby, sports mécaniques. J'ai fait également un peu de photo d'art publicitaire en studio pour me diriger ensuite vers la photographie taurine et animalière sauvage.
En 1994, ma vie a pris un tournant tragique et irrémédiable, un grave accident m'handicapant lourdement et me laissant dans un état physique dégénératif ; cette situation a émaillé mes années et je gardais tant bien que mal, grâce à la photo, la tête hors de l'eau.
À cette période, j'oriente ma carrière vers la photo sportive, t la photo publicitaire en studio.
Pendant ma convalescence, je lisais pour passer le temps. Un jour, c'est en parcourant "Le lion de Joseph Kessel" que le déclic s'est produit et je me mis à rêver d'Afrique, d'horizons lointains.
En 1998, un décès tragique et fatal me poussa à prendre la fuite vers un horizon lointain et inconnu à la foi... à ce moment-là, la paix, le calme et la solitude s'imposaient... J'ai donc pris l'avion en direction du Kenya. Un monde animalier et sauvage pour me retrouver moi !
Je ressentis comme un signe d'une étoilequi provoquait cette fuite en me donnant la chance de pouvoir être accompagné pendant ce périple par Michel Denis-Huot, grand Photographe Animalier réputé pour son travail dans l'est Africain, qui ne travaille qu'avec des longues focales comme le 600mm et plus, qui a obtenu en 1997 le premier prix dans la catégorie "Nature" du WORLD PRESS Photo puis en 2001 le deuxième prix dans cette même catégorie. Puis le prix de Wildlife Photographer of the Year.
Et là, le déclic ! Je suis tombé sous le charme des grandes étendues sauvages... J'ai découvert un univers passionnant, intriguant et respectueux, et qui me convenait parfaitement, dont je ne maîtrisais rien...
Dès mon retour en France, je continuais cette découverte passionnante avec e monde sauvage du petit et du grand gibier et des oiseaux.
J'ai sillonné de nombreuses forêts et de nombreux étangs pour figer un instant, une survie, une naissance, une vie... Dans différents pays du monde.
Medeya : Qu'est-ce qui, selon vous, vous a orienté vers la photographie plutôt qu'un autre mode d'expression ?
Eljo : Déjà tout petit, j'étais fasciné par les livres et photos de la savane. À ce moment-là, je voulais faire carrière comme dessinateur. Mais mes parents n'ont jamais cautionné les métiers artistiques. Après mon école hôtelière, je suis parti serveur en Suisse pendant 3 ans et j'ai découvert la photographie grâce à mon chef de cuisine qui était un grand passionné.
Medeya : Votre vie et ses étapes influencent-elles l'orientation de votre travail et de quelle manière ?
Eljo : Oui, malheureusement mon état de santé dégénératif, qui m'induit à stopper la prise de vue en photo aujourd'hui et me pousse vers le dessin et la peinture.
Medeya : Comment définiriez-vous votre travail artistique ? Que dites-vous de vos œuvres photographiques à une personne qui ne les a jamais vues ?
Eljo : Difficile de se porter juge de son propre travail. Mais je dirai, appliqué, donc méthodique, chargé d'une émotion émanant de mes tripes.
À une personne qui n'a jamais vu mes œuvres, je ne dis rien. Je la laisse s'imprégner de ce que l'œuvre dégage, afin qu'elle se fasse sa propre opinion. De ce fait, cela engendre des contacts humains plus forts.
Medeya : Comment définiriez-vous votre travail artistique ? Que dites-vous de vos œuvres photographiques à une personne qui ne les a jamais vues ?
Eljo : Difficile de se porter juge de son propre travail. Mais je dirai, appliqué, donc méthodique, chargé d'une émotion émanant de mes tripes.
À une personne qui n'a jamais vu mes œuvres, je ne dis rien. Je la laisse s'imprégner de ce que l'œuvre dégage, afin qu'elle se fasse sa propre opinion. De ce fait, cela engendre des contacts humains plus forts.

Medeya : Qu'est-ce qui, de façon générale, influence votre démarche (peintre, cinéma, musique, auteur...) ?
Eljo : L'expression et la démonstration de mes sentiments en général...
Medeya : Quel est le point de départ d'une photo (un schéma, une image, le hasard, l'imagination seule, un peu de tout ça) ?
Eljo : L'envie, l'imagination, la lumière, l'endroit et l'observation : et le sujet vient à vous !
Medeya : Quels conseils donneriez-vous à un photographe débutant ?
Eljo : Pars toujours où que tu ailles avec ton appareil, observe toujours ce qu'il se passe autour de toi et shoote, shoote, shoote ! Essaye de faire parler ton cœur... "Un bon photographe a fait des milliers de kilomètres de film afin d'avoir une bonne photo".
Medeya : Selon vous, à partir de quel moment un photographe, un musicien, un peintre...devient un artiste ?
Eljo : Lorsque celui-ci laisse parler sa sensibilité, son émotivité et sa créativité. En fin de compte, lorsque celui-ci lâche prise sur le contrôle de soi.
Medeya : Quelle exposition d'un autre artiste vous a le plus marqué ?
Eljo : Yann Arthur Bertrand et Michel Denis-Huot.
Medeya : Quel est votre plus fort souvenir d'auteur-photographe ?
Eljo : Au Kenya, lorsque j'ai photographié une femme Masaï avec son enfant sur le bord de la route. Le chauffeur du 4x4 où je me trouvais, qui était un Masaï, m'a regardé dans le rétroviseur intérieur et m'indiqua de son pouce un mouvement simulant un égorgement... j'ai vraiment eu un long moment de solitude ! Alors que j'avais une magnifique photo dans la boîte.
Medeya : Avez-vous des activités qui gravitent autour de votre casquette d'auteur-photographe ?
Eljo : Oui, la musique, le dessin et la peinture.
Medeya : Artistiquement parlant, y a-t-il un rêve que vous n'avez pas encore réalisé ?
Eljo : La migration de gnous traversant des crossings, l'ours polaire dans son environnement.
Medeya : Avez-vous une actualité artistique ? Si oui, quelle est-elle ? Quels sont vos projets ?
Eljo : À compter du 10 Novembre au 10 Avril 2017, une exposition photos, peinture et dessins ayant pour thème "entre ciel et terre" se tient au restaurant la Grande Ourse à Mauvezin. Eljo y présentera 15 ans d'attente dans les bois, autour des étangs, emmitouflé jusqu'aux oreilles, de tôt le matin jusqu'à tard le soir pour atteindre une prise de vue animalière de qualité.
Résumé en une quarantaine d'œuvres.
Ces photos ont été sélectionnées sur un parcours de 15 ans. Elles n'ont jamais été exposées, ni montrées car toujours hospitalisé pendant de longues périodes.
Medeya : Pour se faire une idée de votre personnage de façon plus générale, j'aime bien soumettre à nos artistes interviewés les questions un peu naïves du thème de l'île déserte...
Sur une île déserte, vous emportez :
- Quel film ? La belle histoire de Claude Lelouch
- Quel livre ? Le Lion de Joseph Kessel
- Quelle musique ? Un album de David Guetta ou de Joe Satriani
- Laquelle de vos photographies ? La femme Masaï
Medeya : Quel voyage aimeriez-vous encore faire ?
Eljo : La Tanzanie et l'Antarctique.
Medeya : Quelles étaient vos ambitions d'enfant pour votre vie d'adulte ?
Eljo : Styliste.
Medeya : Merci Eljo !




